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Apiculture : Quand le miel rapporte gros

L’apiculture, branche de l’agriculture, est l’élevage d’abeilles à miel pour exploiter les produits de la ruche. L’apiculteur doit procurer à l’abeille un abri, des soins, et veiller sur son environnement. Puis, il récolte une partie mesurée de ces produits : miel, pollen, cire, gelée royale,… Pratiquée sur tous les continents, cette activité diffère selon les variétés d’abeilles, le climat et le niveau de développement économique. C’est une activité où se mêlent des méthodes ancestrales comme l’enfumage et des méthodes modernes comme l’insémination artificielle. L’apiculture est un vrai métier. L’activité peut être source de revenus si elle est bien pratiquée.

Les abeilles et le miel

La fabrication du miel résulte du travail des abeilles. Au sein de la ruche, chaque abeille a un rôle bien défini qui évolue au cours de sa vie. Les butineuses sont responsables de la récolte du nectar ou du miellat. Le nectar est un liquide sucré, secrété par les glandes nectarifères, souvent présentes au fond de la corolle des fleurs alors que le miellat est une sécrétion issue de la plante (comme pour le sapin par exemple) ou une sécrétion se trouvant sur celle-ci et provenant des excrétions de certains insectes suceurs de sève comme les pucerons. Les abeilles effectuent 20 à 50 voyages par jour, depuis la ruche jusqu’à la plante dans un rayon de 500m à 2 km depuis la ruche. Le nectar aspiré est alors accumulé dans le jabot de la butineuse où il commence sa transformation. Puis dans le tube digestif, des enzymes transforment le saccharose en glucose et fructose. Arrivées à la ruche, les butineuses transmettent le nectar aux ouvrières, qui le régurgitent encore à d’autres abeilles. La teneur en eau du liquide sucré s’abaisse et s’enrichit en même temps de sucs gastriques et de substances salivaires. Il est ensuite déposé dans une alvéole qui sera recouverte par une couche de cire afin d’assurer sa conservation. La concentration en eau va diminuer progressivement par évaporation grâce à la chaleur régnant dans la ruche et à la ventilation assurée par les abeilles ventileuses.
On obtient ainsi une substance concentrée en sucres simples et pauvre en eau qui constitue pour la ruche une réserve alimentaire énergétique ne s’altérant pas dans le temps. Les abeilles bâtisseuses vont également s’en servir pour former la cire nécessaire à la construction des cellules de la ruche. La quantité de miel emmagasinée dans la ruche étant largement supérieure aux besoins des abeilles, la quantité de miel récoltée par l’homme ne porte pas préjudice à la vie de la ruche. La récolte se pratique généralement à partir de mi-avril jusqu’à novembre selon les régions. Le miel extrait doit ensuite être épuré par filtration, centrifugation ou décantation.

Les réalités de l’apiculture au Burkina Faso

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L’apiculture prend de l’ampleur au Burkina Faso. Elle table sur plusieurs atouts dont la disponibilité de colonies d’abeilles, la disponibilité de plantes mellifères (Une plante est dite mellifère ou mélitophile lorsqu’elle est visitée par les abeilles pour produire du miel. On distingue les plantes nectarifères qui fournissent le nectar, les plantes pollinifères qui fournissent du pollen et les plantes mixtes qui fournissent les deux nutriments), l’existence d’une pratique apicole, la disponibilité de recherche scientifiques sur la filière. L’apiculture et les plantes mellifères constituent un vaste programme de recherche de l’Université de Ouagadougou du CNRST,…
Mais la filière fait également face à certaines difficultés dont les mauvaises pratiques apicoles, l’effet des changements climatiques, les attaques parasitaires, les empoisonnements, les problèmes de commercialisation, etc.
Pour faire face à cette situation, les différentes structures apicoles se sont associées pour donner naissance à une organisation faîtière ; l’Union Nationale des Apiculteurs du Burkina Faso, (UNABF) le 25 Avril 2004. Cette union compte aujourd’hui près de 7000 membres avec une capacité de production de 500 tonnes de miel par an, ce qui représente un impact financier de prés d’un milliard de francs CFA pour l’économie nationale.
A côté de l’union, existent de nombreuses associations d’apiculteurs dont celle dénommée Wendpuiré créée en 1999 par un professeur d’Allemand du nom de Désiré Yaméogo. Elle travaille à la valorisation de la filière apicole pour en faire un outil de développement économique au service du monde paysan. L’association a ouvert un centre apicole à Koudougou. Entre 2003 et 2007 la production de miel de Wendpuiré est passée de 1,4 tonnes à 44 tonnes. L’association Wênd Puiré qui produit le miel apisavana, offre de nombreux services aux apiculteurs. Elle leur procure des plantes mellifères, les forme et les sensibilise à l’apiculture moderne, fabrique ou commande du matériel pour les exploitations apicoles, assure le suivi, l’encadrement, l’assistance aux récoltes et le contrôle de qualité, octroie des crédits et financements.
Wend Puiré compte aujourd’hui plus de 2 000 apiculteurs membres à travers le territoire national. En 2010, elle a obtenu le trophée du meilleur exportateur de la filière apicole lors des Journées de l’Entreprenariat Burkinabé. En plus d’être une source d’entrée de devises, le miel est reconnu aussi pour ses vertus thérapeutiques (contre les blessures, la vieillesse, la fatigue,…)

Aimé Florentin BATIONO
Ecodufaso/Groupe Ecodafrik

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