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Alexis LOURGO, DG de la SBIF : «avec 200 000 frs on peut commencer à investir…

Alexis LOURGO, DG de la SBIF : «avec 200 000 frs on peut commencer à investir en bourse»

Dans l’imagerie populaire, la Bourse c’est avant tout un « jeu d’argent », une histoire de gros sous et n’y va pas qui veut, surtout par les gagne-petit qui nagent au quotidien entre mille et une difficultés.

Et pourtant, assure Alexis Lourgo, directeur général de la Société burkinabè d’intermédiation financière (SBIF), « on n’a pas forcément besoin d’avoir beaucoup de millions avant de pouvoir investir en bourse et, avec 200 000, 300 000 F CFA, on peut commencer ».

Il nous l’a confié le jeudi 9 juin 2016 au Centre international de conférences de Ouaga 2000 où se tenait, pour la première fois au Burkina, la Journée-BRVM, la Bourse régionale des valeurs mobilières basée à Abidjan.

Depuis le temps que vous existez, vous faites maintenant partie du paysage financier burkinabè et même sous-régional. Néanmoins, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est la SBIF ainsi que ses principaux objectifs ?

La Société Burkinabè d’Intermédiation Financière (S.B.I.F.) est une Société de Gestion et d’Intermédiation financière (SGI).

Elle joue le rôle d’intermédiaire financier entre les acteurs économiques (particuliers, entreprises privées, parapubliques, publiques, Etat), et la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières de l’UEMOA (B.R.V.M).

La SBIF offre des services spécialisés aux opérateurs économiques (sociétés et particuliers) qui souhaitent :

acheter et vendre des actions ou obligations à la bourse ;
étudier la faisabilité d’introduction de leur entreprise en bourse ;
lever des fonds pour financer leurs investissements à moindre coût ;
placer leurs excédents de trésorerie à des taux très rémunérateurs.

Aujourd’hui, la SBIF se positionne comme un acteur incontournable du marché financier sous-régional et notre ambition est de renforcer cette position à travers trois axes.

Premièrement, à travers l’amélioration de la qualité des services aux émetteurs au niveau national et international.

Deuxièmement, la vulgarisation des produits boursiers afin de lever tous les préjugés et aider les opérateurs économiques à cerner les opportunités qu’offre le marché financier.

Troisièmement, en faisant de la SBIF un pôle d’excellence en matière de services aux investisseurs, à travers la promotion de l’investissement en bourse auprès de différents investisseurs et épargnants, aussi bien les personnes physiques que les personnes morales.

La Bourse semble être encore une affaire élitiste d’initiés. Que pensez-vous du niveau actuel de culture boursière dans notre pays ?

Il faut le reconnaître, la culture boursière n’est pas ancrée dans les habitudes de la majorité des Burkinabè malgré l’existence d’une forte clientèle potentielle (entreprises, particuliers et institutionnels) qui ne sollicitent que les banques. Ce constat est d’ailleurs aussi valable pour les autres pays de l’UEMOA. En effet, les mécanismes du marché boursier sont très peu connus des opérateurs économiques du Burkina, qui ne sont pas forcément au courant de toutes les opportunités qu’offre ce marché.

Que peut donc bien faire la SBIF pour le développement de la culture boursière au Burkina ?

Depuis sa création, la SBIF s’est donné comme objectif, entre autres, la vulgarisation du marché financier et boursier auprès des personnes physiques et morales au niveau national mais aussi dans tout l’espace UEMOA.

C’est dans ce cadre qu’elle organise régulièrement des activités telles que des séminaires, rencontres d’information et de formation à l’intention des différents acteurs. Nous avons par exemple organisé plusieurs séminaires de formation au profit de certaines structures de la place.

Depuis quelques années maintenant, la SBIF parraine aussi une émission « HEBDO BOURSE » sur la RTB et nous faisons régulièrement des publications dans la presse spécialisée.

Toutes ces actions visent à permettre au plus grand nombre de s’imprégner des mécanismes du marché boursier afin qu’il puisse saisir les opportunités qui sont offertes.

Quelles sont les activités futures de la SBIF en matière de promotion du marché financier ?

Dans un premier temps, il s’agira pour nous de renforcer les actions que nous menons déjà notamment les séminaires, rencontres d’information et de formation. Nous allons travailler à développer ces activités afin de toucher un plus grand nombre d’acteurs économiques.

Ensuite, de nouvelles activités seront développées afin de promouvoir le marché en général et plus particulièrement les produits de la SBIF.

Au fait quelle part occupent respectivement les ménages et les entreprises dans votre portefeuille ?

Les ménages représentent environ 97.5% de l’ensemble de nos clients contre 2.5% pour les entreprises.

En termes de valorisation du portefeuille, les ménages détiennent environ 17.5% contre 82.5% pour les entreprises.

Cette situation s’explique par le fait que la clientèle «particuliers» est constituée d’un grand nombre de petits porteurs.

Quelles sont les avantages que peut avoir une entreprise en s’introduisant en Bourse ?

Plusieurs avantages existent pour une société d’aller sur le marché boursier.

Le premier avantage que nous pouvons retenir est l’accroissement de la notoriété et de la renommée de la société, qui lui permet une amélioration de ses liens avec la communauté.

Ensuite, intervenir sur le marché financier est une alternative offerte à une société d’assainir son bilan, d’augmenter sa capacité d’emprunt et de financer sa croissance à des coûts avantageux.

L’introduction en bourse permet à une société d’assurer la liquidité de son patrimoine et d’augmenter sa valeur.

Il est beaucoup plus facile à une société admise à la cote de la bourse de procéder à des opérations de fusion et d’acquisition par la vente d’actions additionnelles ou par des échanges d’actions.

Un autre avantage non moins important est que l’appel au marché financier peut permettre d’impliquer le personnel actionnaire dans les choix stratégiques de la société.

Enfin, l’appel au marché financier peut permettre aux Etats de procéder à des opérations de privatisation et d’ouverture du capital avec beaucoup plus de transparence et avec une plus grande implication du public par les Offres Publiques de Vente.

Quel bilan faites-vous du niveau d’avancement de la culture boursière dans notre pays et dans l’espace UEMOA, de la création de la SBIF à nos jours ?

Au début, les entreprises et opérateurs économiques burkinabé étaient attentistes voire méfiants vis-à-vis du marché financier.

Cette situation était due à la nouveauté et à l’absence de culture boursière. Ces agents économiques ne comprenaient pas encore l’utilité.

Aujourd’hui, avec les différentes actions de promotion que nous menons, on constate que les acteurs économiques s’intéressent de plus en plus à la bourse. En réalité, les entreprises et opérateurs économiques burkinabè ont commencé à mieux comprendre les deux aspects fondamentaux suivants du marché financier :

En tant que consommateurs de fonds (entreprises), l’on va sur le marché financier pour lever du financement moyen ou long afin d’améliorer sa structure financière et accélérer sa croissance.

En tant que détenteurs de fonds, de liquidités (entreprises et personnes physiques), l’on va sur le marché financier pour améliorer son revenu à travers des placements judicieux et rentables.

Cependant, il faut reconnaître qu’il reste beaucoup à faire, tant par les autorités du marché financier que par les autorités politiques, pour amener nos opérateurs économiques à se familiariser aux mécanismes boursiers et à profiter des opportunités du marché financier.

Que pensez-vous de la possibilité de refinancement des PME-PMI auprès du Marché des capitaux ?

Il est prévu au niveau de la BRVM le lancement d’un 3e Compartiment qui sera spécialement dédié aux PME/PMI et aux entreprises à fort potentiel de croissance. Lorsque ce 3e compartiment sera opérationnel, le marché offrira beaucoup d’opportunités aux PME/PMI qui pourront se refinancer sur le marché à des coûts plus avantageux.

Que pouvez-vous dire au grand public pour qui la bourse est faite par et pour les riches ?

En réalité, on n’a pas forcément besoin d’avoir beaucoup de millions avant de pouvoir investir en bourse. La plupart des titres sur le marché sont à des cours abordables. A partir de deux cent ou trois cent mille francs, on peut commencer à investir en Bourse.

A la SBIF, nos conseillers sont disponibles pour vous orienter et vous aider à vous constituer un bon portefeuille de titres rentables et ce, en fonction des sommes que vous êtes prêts à investir.

Que faut-il faire aujourd’hui pour encourager les entreprises de l’UEMOA à s’introduire en Bourse ?

Il faut noter que le comportement du marché des valeurs mobilières est tributaire de la conjoncture économique. C’est la conjoncture économique qui détermine la quantité d’argent que les ménages peuvent dépenser, l’importance du chiffre d’affaires des entreprises et les bénéfices qu’elles peuvent réaliser, le niveau du taux d’inflation et des taux d’intérêt. Ce sont là des facteurs qui déterminent le rendement des placements.

Les mesures d’encouragement à l’introduction en Bourse des entreprises de l’UEMOA doivent tenir compte de ce postulat. Nous entrevoyons trois éléments, non exhaustifs, qui pourraient encourager celles-ci.

Premièrement, il est important de faire appréhender par ces entreprises l’intérêt qu’elles ont à s’introduire en Bourse via une bonne communication. Les entreprises peuvent, pour accélérer leur développement, faire appel à des partenaires extérieurs.

Aux actionnaires fondateurs, viennent alors s’ajouter de nouveaux actionnaires qui souscrivent aux augmentations de capital. Personnes privées ou personnes morales, ils procurent à l’entreprise les liquidités qui lui permettent de financer son développement. Elles peuvent par ailleurs emprunter directement des liquidités aux investisseurs, en procédant par exemple à des émissions d’obligations. L’introduction en Bourse peut entraîner la notoriété de l’entreprise (plus grande visibilité), assurer le financement de la croissance de l’entreprise à des coûts moins onéreux et la liquidité du patrimoine.

Deuxièmement, il faut mettre en place des fonds spéciaux pour préparer certaines de ces entreprises à entrer en Bourse. Ces fonds devront financer la mise à niveau de ces entreprises afin qu’elles puissent présenter, entre autres, un historique de profitabilité assez attrayant et une croissance supérieure à la moyenne de leur secteur.

Troisièmement, il faut mettre surtout en place une fiscalité discriminatoire et attractive : Les entreprises qui acceptent de s’introduire à la BRVM bénéficieraient aussi d’une réduction significative d’impôts (par exemple réduction du taux d’imposition sur le bénéfice). Cette réduction d’impôt s’assimilerait à une subvention. Cela dit, cette réduction ne devrait pas être permanente mais limitée dans le temps (05 ans par exemple).

Interview réalisée par
Hugues Richard Sama
lobservateur.bf/burkinaonline.com

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