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Agriculture-Elevage-Foresterie au Burkina Faso : « Les besoins du monde…

Agriculture-Elevage-Foresterie au Burkina Faso : « Les besoins du monde paysans sont énormes » dixit le Président du ROPSA, Adama Ouédraogo,

Au Burkina Faso, l’agriculture occupe environ 80% de la population. Mais cet état de fait semble être souvent oublié dans la prise de décisions par les politiques entrainant une dégradation des conditions de vie et de travail du monde paysan. C’est donc pour servir d’intermédiaire à la cause paysanne que le Réseau des Organisations Paysannes Syndicales Agricoles (ROPSA), a saisi l’occasion des présidentielles pour « contribuer à renforcer les capacités de plaidoyer du ROPSA en faveur de la promotion du statut du paysan et à la transformation qualitative de l’exploitation familiale » à travers une audience foraine avec les candidats. Pour en savoir plus, le Président du ROPSA, Adama Ouédraogo revient sur les attentes du monde paysan, le bilan et les moments forts de l’audience foraine tenue le 26 novembre 2015.

Ecodufaso.com : Présentez-nous le ROPSA
Adama Ouédraogo : Le ROPSA est le Réseau des Organisations Paysannes syndicales Agricoles du Burkina. Le réseau se veut être une organisation paysanne faîtière nationale et régionale regroupant de nombreuses organisations paysannes. L’une des missions de notre réseau est la défense des intérêts de nos membres composés pour la plus part d’acteurs du monde rural notamment les paysans ; les éleveurs, etc. Le Réseau des organisations paysannes et syndicales agricoles (ROPSA) est né à partir des résultats d’une étude sur les organisations paysannes au Burkina. Cette étude a porté sur les forces et faiblesses des organisations paysannes et surtout leur mode de gouvernance. C’est à partir de cette étude que nous avons compris qu’il faut que les agriculteurs, éleveurs, forestiers se mettent ensemble pour travailler, pour mieux défendre leurs intérêts. C’est dans ce cadre que nous avons mené des activités, notamment en rapport à la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale que le Conseil national de Transition a votée. Le réseau regroupe 42 organisations et nous avons signé une Charte pour mener le plaidoyer auprès des autorités, mais aussi auprès de nos collègues producteurs.

Avant les élections, vous avez organisé une audience foraine avec les candidats à la présidentielle. Quel était l’objectif de cette activité ?

Par rapport à l’organisation de cette audience foraine, elle s’est tenue à partir d’un diagnostic fait et qui nous a conduits à un programme de plaidoyer. Et c’est à partir de ce programme que l’on a fixé comme activité, les audiences foraines avec les candidats aux présidentielles pour connaître d’abord leurs programmes de société et puis leur amener à prendre les préoccupations des agriculteurs si toute fois dans leur programme de société ils n’avaient pas pris en compte certaines préoccupations du monde rural. C’est pour cela que nous avons invité les quatorze candidats à venir présenter leur programme de société. Et nous les avons envoyé un questionnaire à chaque candidat avant la date du 26 novembre 2015 jour des audiences. Le questionnaire était constitué de quatorze questions spécifiques liées à 14 domaines précis à savoir : l’accès des intrants au monde rural, l’accès au bon crédit agricole, l’accès à la terre , la maitrise de l’eau, la transformation des produits locaux, la protection et la promotion des produits locaux, l’appui aux chambre régionales d’agriculture, l’accaparement des terres, l’appui à l’organisation des producteurs, l’appui aux femmes et aux jeunes, la formation professionnelle, la participation des acteurs agricoles à la formulation, la négociation et à la mise en œuvre des projets et programmes politiques en générale, la promotion de l’agriculture urbaine et périurbaine, et enfin le choix entre la promotion de la souveraineté alimentaire ou la promotion du Biocarburant. Voilà résumé les préoccupations du monde rural que l’on a soumis aux candidats.

Le but était de voir au cas où dans les programmes de société des candidats, ils n’avaient pas pris toutes ses préoccupations qu’ils puissent l’intégrer durant le mandat de celui d’entre les quatorze qui allait être élu. Donc c’était le vœu des agriculteurs des éleveurs, ceux qui font la foresterie au niveau du Burkina Faso.

Quels sont les besoins du monde rural actuellement au Burkina Faso ?

Les besoins du monde rural sont énormes. Aujourd’hui ce qui a poussé l’insurrection entre autre c’est la vie chère. Et parlant de la vie chère, c’est l’alimentation. Tant que le Président élu ne prendra pas en compte certaines préoccupations du monde rural, on ne pourra pas résoudre les questions de la vie chère. C’est pour cela nous cela nous avons proposé à ce que les agriculteurs aient accès aux intrants agricoles pour multiplier la production nationale et diminuer du même coup la vie chère. Il faut que les agriculteurs puissent accéder aux bons crédits pour produire. Nous insistons sur le terme bons crédits puisque les crédits accordés ne sont pas adaptés. Il faut des crédits de longue durée et dont les taux d’intérêt est moindre. C’est pourquoi nous souhaitons que le président élu puisse travailler avec toute la classe politique. L’accaparement des terres constitue aussi l’une des préoccupations du monde rural. Il faudrait qu’on résolve la participation même des agriculteurs à l’élaboration, à la négociation et à la mise en œuvre des programmes politiques les concernant pour qu’il ait un véritable développement. Aussi il y a manque de financement au niveau de chambres régionales d’agriculture. A la mise en place de ces structures il était prévu 300 millions par an pour leur fonctionnement. Mais rien n’est fait. Ce qu’ils reçoivent est très mimines. Pourtant ils ont un rôle à jouer. Il ne faut pas qu’on se flatte en se disant que l’on peut faire le développement sans les acteurs eux-mêmes. N’oublions pas la maîtrise de l’eau notamment les ouvrages d’eau bien repartis dans le pays pour la production et la consommation. Il faudrait enfin, appuyer les paysans pour la production, la transformation, la promotion et la protection des produits locaux.

Quel bilan faites-vous de cette rencontre ?

On est très satisfait. D’abord l’on a invité l’ensemble des candidats aux présidentielles. Mais le jour-j seul les candidats qui avaient accordé un intérêt au monde rural ont répondu à notre invitation. Ils sont venus défendre leur programme de société en faveur du monde paysan. Ont répondu présent, Tahirou Barry du PAREN, Zéphérin Diabré de l’UPC, Roch Marck Christian Kaboré du MPP et Adama Kanazoe de l’AJIR. L’on espère que le nouveau Président élu se penchera sur la question de l’agriculture puisque dans son programme de société il en avait fait cas en ce qui concerne quelques points.

Votre mot pour conclure notre entretien

Je vous remercie pour avoir accepté nous entretenir. Le monde agricole est un monde qui travaille pour nourrir tous les êtres vivants du monde. Prendre ses biens pour enfuir en terre afin de nourrir tout le monde c’est un challenge et il faut du courage ce qui n’est pas donné à tout le monde. Nous demandons à ce que nos futurs gouvernants prêtent une oreille forte aux agriculteurs. Que les agriculteurs soient respectés comme dans tout autre secteur. Les agriculteurs doivent être impliqués dans tous les cadres de concertation pour le développement de notre pays.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

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