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Africa’s Pulse : La Banque Mondiale prône l’Autonomisation des femmes et les populations pauvres pour stimuler la croissance en Afrique

Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque Mondiale

Le groupe de la banque mondiale a rendu public son rapport Africa’s pulse le 9 octobre 2019. Le présent rapport consacre deux volets spéciaux à l’accélération de la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’autonomisation des femmes. En 2015, 4 africains sur 10, soit plus de 416 millions d’individus, survivaient avec moins de 1,90 dollar, environ 850 F CFA par jour. Faute d’initiatives d’envergure pour créer des débouchés économiques et atténuer les risques pour les pauvres, l’extrême pauvreté va devenir un phénomène presque exclusivement africain à l’horizon 2030.

Selon le présent rapport, la lutte contre la pauvreté doit donner aux pauvres, les moyens d’agir et s’attacher à accélérer la transition démographique et la baisse des taux de fécondité, à mieux tirer parti du système alimentaire en valorisant l’agriculture et en développant les activités rurales non agricoles, à s’atteler aux facteurs de risque et de conflit et enfin, à augmenter et optimiser l’allocation de fonds publics pour améliorer le quotidien des plus vulnérables. La résorption des inégalités entre les hommes et les femmes en matière de santé, d’éducation, d’autonomie et d’emploi sera essentielle.

En effet, l’Afrique subsaharienne est la seule région du monde pouvant se targuer d’avoir plus de femmes au profil entrepreneurial que d’hommes, sachant que les africains jouent un rôle clé dans l’agriculture sur le continent. Mais les écarts de salaire importants et persistants entre les sexes étouffent cette singularité : en Afrique subsaharienne, les agricultrices produisent 33% de moins par hectare que les agriculteurs et les entrepreneures ou cheffes d’entreprise gagnent 34% de moins que leurs homologues masculins.

Le vice-président de la banque mondiale Hafez Ghanem souligne « L’inclusion des femmes est un élément clé pour stimuler la croissance. Les décideurs africains sont confrontés à un choix crucial : poursuivre les politiques actuelles ou prendre des mesures volontaristes pour favoriser une économie plus inclusive pour l’Afrique ».  Après plusieurs années de croissance décevante, la réduction de l’inégalité des chances dont sont victimes les femmes s’impose comme une solution évidente pour progresser, ajoute-t-il.

Par ailleurs, le rapport Africa’s pulse identifie six leviers politiques pour assurer l’autonomisation économique des femmes. Il s’agira de renforcer leurs compétences au-delà des formations traditionnelles, de lever les contraintes financières par des solutions novatrices qui résolvent la question du nantissement et améliorent l’accès au secteur financier, les aider à faire valoir leurs droits fonciers, les rapprocher du monde du travail, de s’attaquer aux normes sociales qui entravent leurs perspectives professionnelles, de préparer une nouvelle génération solide en aidant les adolescentes à franchir sans heurts cette étape de leur vie.

Des journalistes et des étudiants en Economie ont été conviés à la rencontre

Mais l’Afrique n’est pas le seul continent à pâtir de la conjoncture internationale incertaine. En effet, les prévisions pour 2019 sont encore plus mauvaises pour le Maghreb et le Moyen-Orient, l’Amérique Latine et les Caraïbes, ainsi que l’Asie du Sud où d’autres économies émergents et en développement revoient leurs perspectives à la baisse.

En outre, la reprise des trois plus grandes économies de la région à savoir le Nigeria, l’Afrique du Sud et l’Angola reste timide et assombrit les perspectives régionales. Exception faite de ces trois pays, la croissance devrait rester robuste dans le reste du sous-continent, malgré un ralentissement dans plusieurs pays.

Sombéwendin Micheline Nanéma
Ecodufaso.com/Ecodafrik.com

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