Connecte-toi avec nous

Portraits

   |

Abdoul Azize Bamogo : « Il faut vraiment qu’on travaille d’avantages à …

Abdoul Azize Bamogo : « Il faut vraiment qu’on travaille d’avantages à développer l’enseignement privé. »

Abdoul Azize Bamogo est un Conseiller en Communication, Coach-Formateur. Il est le Directeur de l’Agence de communication Cité Com, Président de Publicitaires et Associés et Fondateur de l’école Africa Executive School. Il est celui que l’on serait tenté de qualifier de « faiseur de talents ». Monsieur Bamogo nous a reçus dans son bureau à Ouaga 2000. La trentaine, ce jeune burkinabè plein d’enthousiasme, de dynamisme, d’humilité et surtout d’amour pour son pays a en toute confraternité, partager son quotidien à travers un entretien. De Tiassalé à Ouagadougou, portrait d’une évolution entre conviction et déterminisme.

Ecodufaso.com : Parlez-nous de votre petite enfance
Abdoul Azize Bamogo : Je suis née en Côte d’Ivoire. J’y ai fait mon enfance dans une petite ville appelée Tiassalé à 120 km au Nord d’Abidjan. J’y suis resté jusqu’au Baccalauréat. Après je suis revenu au Burkina Faso. Je suis le cadet d’une famille de cinq enfants. J’ai un grand frère et les autres sont mes petits frères. On en garde de très bons souvenirs avec les amis d’enfance. Malheureusement quand on quitte ses localités, l’on perd les traces de tous ses amis. Heureusement que Facebook existe et de temps en temps l’on retrouve certains à travers les réseaux sociaux. J’ai fait l’école coranique avant l’âge de 7 ans et c’est après que j’ai été inscrit à l’Ecole Primaire Publique Tiassalé 1 jusqu’à l’obtention du Certificat d’Etudes Primaires.
A l’école primaire, je garde en mémoire les souvenirs de mon tout premier maître d’école Monsieur Pierre. C’était une personne très attachante, un bon papa. Sinon, quand on m’a amené à l’école le premier jour j’ai failli retourner avec mon père qui m’avait accompagné ce jour. Je ne voulais pas en fait qu’il reparte me laisser. Mais Monsieur Pierre a réussi à me rassurer et il m’a trouvé une place dans la salle de classe et c’est parti.
Et après il y a eu le collège Saint Michel et le Lycée Moderne de Tiassalé.
Je suis rentré plus tard à Ouagadougou pour les études universitaires. Je voulais continuer en communication journalisme. L’entrée dans ce département se faisait après la validation d’un test. Mais malheureusement je suis arrivé à Ouagadougou un peu tardivement. A l’époque, c’était la seule école de communication. A mon arrivée les candidats avaient déjà compétie, et attendais les résultats. J’étais obligé de m’inscrire dans une autre filière. Je me suis inscrit en sociologie où j’ai fait une année. Je suis sorti major de ma promotion et mes enseignants m’ont encouragé à y rester. Ainsi donc en troisième année, je pouvais continuer en communication par ce qu’à l’époque cette option était possible. L’année suivante donc j’ai laissé alors la sociologie pour composer le test d’entrée en communication qui a marché. J’ai donc fait quatre années en communication avant d’intégrer le milieu professionnel.

Racontez-nous une anecdote de cette période s’il vous plait

Une anecdote qui me vient en tête ; il y a eu en fait une année on est resté en cité universitaire après les premières compostions, normalement les cités devraient être fermé ainsi que le restaurant universitaire. Pour ceux qui ne veulent pas partir il y avait la possibilité de négocier avec le CENOU pour rester pendant un moment. Le CENOU acceptait laisser des chambres pour un certain nombre de cas qu’ils estimaient cas sociaux. Mais le restaurant n’est pas ouvert ce qui fait que c’était compliqué. Souvent même tous vos amis avec qui vous vous débrouillez sont partis et vous vous retrouver seul c’est une situation de vraie galère d’étudiant. Donc avec mon voisin de chambre Koura Bagassi qui travaille maintenant à la Voix de l’Amérique, il y avait une fille qui était restée aussi avec nous et moi je draguais la fille. Et mon voisin était proche d’elle. Alors un soir on est allé bavarder avec elle et en sortant mon voisin et moi nous l’avons invité. Et elle a bien accepté l’invitation. Pourtant on n’avait pratiquement rien en poche. Elle a dit de lui accorder quelques minutes le temps de se changer et nous rejoindre. On lui a fait savoir qu’on partait dans un resto de rue. Elle n’a pas trouvé de problème à cela. Et quand elle est rentrée s’habiller mon ami m’a proposé de fuir par ce qu’on n’avait rien. J’ai refusé. Je savais que si on fuyait mon dossier était mort. Il m’a dit que lui va partir alors me laisser. Je l’ai rassuré. Ça se trouvait que j’avais un vieux 1000 f que j’avais gardé quelques part. Je suis allé ressortir ça et cela nous a sauvés. Si non c’était la honte.
Et quand je regarde la situation des étudiants aujourd’hui ça n’a pas trop changé. Cela me fait beaucoup réfléchir. Quand on est arrivé à l’université nos ainés nous disaient qu’à leur moment c’était difficile mais pour nous c’était encore plus difficile. Et quand je regarde aujourd’hui je trouve que c’est encore plus difficile comparativement à notre époque. Il faut vraiment qu’on travaille d’avantages à développer l’enseignement privé, que ceux qui ont la possibilité qu’ils y aillent. Offrir beaucoup de formation professionnelle pour que les jeunes puissent avoir rapidement un boulot à la sortie des universités qui va leur permettre d’avoir au moins un peu d’argent. Et s’il y a des formations professionnelles cela peut même permettre à un étudiant de travailler déjà en payant au fur et à mesure ses études aussi. Il faut quitter carrément le cadre de l’enseignement général où les gens apprennent juste à lire et à écrire et à la sortie ils deviennent une charge pour la société. Il faut des initiatives qui vont non seulement désengorger l’université, mais qui vont aussi permettre aux étudiants d’être vite employables.

Coach-Formateur-manager. comment s’est fait votre insertion dans le milieu professionnel ?

Quand j’étais à l’université, je ne voulais pas devenir fonctionnaire. A cette période je ne voulais pas passer les concours de la fonction publique. Avec deux amis Ali et Germain on avait émis l’idée d’une entreprise déjà à l’université. Elle allait servir de porte de sortie dès qu’on allait finir nos études. On n’a pas pu le faire. Mais personnellement depuis l’université je n’hesitais pas à prendre des petits jobs par ci par là. J’ai commencé à travailler à Ouaga FM depuis ma deuxième année d’université. Donc jusqu’à ma sortie de l’Université j’étais en même temps encré dans le monde professionnel déjà. Après j’ai travaillé quelques années là-bas j’étais le Rédacteur en Chef et en même temps je murissais mon idée de lancer mon entreprise de communication. Arriver à un certain moment ça marchait bien donc j’ai demandé au directeur ma disponibilité pour me mettre à mon propre compte. Et cela allait très bien. Dans l’agence de communication on faisait aussi des formations et on a décidé d’autonomiser ça en créant l’école. Et bien plus en évoluant vers ce secteur de la formation et du coaching, l’accompagnement des gens. Je pense que le vrai défi de l’Afrique c’est celui de la capacitation des africains. Si vous êtes dans une communauté ou chacun peut apporter quelque chose, vous avez la chance d’aller très loin. Mais si vous êtes dans une communauté ou il y a deux ou trois personnes seulement qui peuvent apporter quelque chose les autres sont là pour consommer pour partager, vous allez toujours rester pauvre. C’est pourquoi, je pense que c’est un défi personnellement pour moi. Et je pense que cela doit être partagé au sommet de l’Etat. Nous devrons travailler à créer beaucoup plus de compétence, beaucoup plus de qualifications de savoirs faire au sein de nos populations et plus particulièrement au près des jeunes afin que chacun soit pourvoyeur de solutions pour lui-même et pour sa communauté. C’est à ce prix que nous arriverons à apporter quelque chose à l’Afrique et à nous-même.

Présentez-nous Cité Com et Africa Executive School Ouagadougou.

Cité Com est une agence conseil en communication. Nous faisons ce qu’on appelle la communication citoyenne. C’est une communication orientée sur le citoyen en tant que membre d’une communauté pour voir comment celui-ci s’implique dans des actions qui visent à améliorer son bien-être et à faire progresser l’ensemble de la communauté donc on travaille essentiellement avec les associations, des ONG, les partis politiques, l’administration. Aussi avec les sociétés minières dans le cadre de leur action pour l’amélioration de leur image sociale. Tous récemment nous avons développé une régie avec des panneaux dans la ville de Ouagadougou ce qui nous permet d’afficher nos clients de Ouaga. Cité Com existe cela fait une bonne décennie.

Quant à Africa Executive School c’est un institut Supérieur et centre de formation professionnelle créée en 2012. Et il s’inscrit un peu dans ce que je disais créer des compétences, faire en sorte que chacun puisse apporter quelque chose. Si vous êtes dans une famille vous êtes 6 et que chacun peut apporter quelque chose de substantiel vous êtes tranquille. Mais si dans la famille il n’y a que deux qui grouille apporter quelque chose les autres ne peuvent pas c’est plus compliqué. A Africa Executive School nous travaillons à créer des compétences professionnelles, utilisables sur le terrain c’est-à-dire c’est la capacitation que nous recherchons à ce niveau. Faire en sortes que les enfants soit capables d’apporter quelque chose et de pouvoir être une solution pour eux-mêmes et pour leur communauté, pour le Burkina Faso. Ce sont donc des formations professionnelles qui offrent des compétences employables sur le marché de l’emploi. Nous développons aussi des aptitudes de manager, d’entrepreneur. Que chacun aussi en fonction de ses capacités, de ses idées et de son environnement, puisse développer des initiatives qui lui permettent de recruter ses frères. Au lieu d’être un problème il devient une solution.

Je suis content par ce que souvent il y a des gens qui viennent me voir et qui me disent j’étais de telle promotion et je travaille actuellement dans tel domaine. Ça fait plaisir d’entendre ça. Tout dernièrement, il y a une qui est venue me voir. Elle travaille actuellement dans un Cabinet d’Avocats. J’étais très content. Les étudiants ont organisé une fête et les anciens étaient là et dans les échanges chacun s’en sortait bien et cela me rend fier. Au-delà du business ça fait vraiment plaisir de rencontrer des jeunes qui sont passés par l’école et qui s’en sortent bien.

Vous êtes à la tête de Publicitaires et Associés qui ont tenu tout dernièrement une Assemblée Générale. Partagez nous votre expérience à la tête de cette structure ?

Publicitaires et Associés est une association professionnelle des agences conseils en communication du Burkina. Elle existe depuis 2006-2007 et regroupe la plus part des agences conseil en communication. J’étais membres du précèdent bureau et lors de l’Assemblée générale de l’année passée les camarades m’ont élu en tant que Président de l’Association. Et depuis lors, on essaie de développer un certains nombres d’activités en vue de faire en sorte que Publicitaires et Associés deviennent véritablement un label. Notre objectif c’est de faire de telle sorte que les membres aient un plus comparer à ceux qui n’y sont pas. Le travail que nous faisons au niveau du bureau c’est de dire qu’il faut faire en sorte qu’il y ait une plus-value pour nos membres en termes de sérieux, de capacité, de professionnalisme, du respect d’éthique et de la déontologie. C’est pourquoi nous sommes à pied d’œuvre pour mettre en place ce qu’on appelle la charte qualité de Publicitaires et Associées qui va être une charte à travers laquelle des agences membres s’engagent à respecter un certains nombres de principes qui mettent en confiance leurs fournisseurs, les clients, les annonceurs les médias, etc. pour qu’ils sachent nous travaillons avec des personnes qui sont sérieuses dans le métier.

Quelle lecture faites-vous du secteur de la publicité au Burkina Faso ?

Je trouve que ça va. Et c’est toute l’importance de l’existence de Publicitaires et Associées qui travaille pour renforcer la règlementation et le respect de l’éthique et de la déontologie dans ce secteur. Ces dernières années il y a eu la création de beaucoup de société de communication. Mais est ce qu’elles toutes respectent les règlementations au tour voilà. Il y a un peu de tout dedans. Et il y a des sociétés qui ne sont pas véritablement des sociétés de communication mais s’en vont prendre des marchés du domaine. Il y a des sociétés qui viennent d’ailleurs prendre des marchés ici pour aller exécuter chez eux. Tout cela constitue des éléments sur lesquelles il faut qu’on travaille. Celles qui sont là travaillent paient des taxes recrutent des employés il faut donc qu’elles puissent vivre de leur secteur d’activité.

Le Burkina Faso a une population à grande majorité jeune. Malheureusement la question d’employabilité se pose très ardemment. Quels conseils prodiguerez-vous à ces jeunes ?

C’est vraiment mon combat actuellement notamment les questions de capacitation. Je pense qu’il faut beaucoup plus mettre l’accent sur ces questions de capacitation. Apprendre quelque chose de professionnel. Peut-être il y aura un travail en amont qui mérite d’être fait par les autorités en vue d’orienter les jeunes vers les filières professionnelles, vers les formations qui donnent accès à des domaines qui sont prisés par le marché de l’emploi. Les jeunes doivent penser à se former. Plus on se forme et plus on peut se vendre cher. Si l’on ne sait que lire et écrire ça ne sert pas à grande chose. On devient beaucoup plus des plaignants des revendicateurs à tout bout de champs. Pourtant lorsqu’on s’investit dans la formation, on n’a pas trop le temps à cela. On est beaucoup plus focalisé à se construire son avenir, sa vie. Imaginez un père de famille qui investit plus d’un million dans la scolarité de son enfant et ce pendant cinq ans. Le petit il ne prendra pas ça et s’assoir pour insulter les gens. Il va mettre à profit son temps pour voir qu’est ce qu’il construit comment il va rentabiliser les millions qu’on a mis dans ses études. Aujourd’hui je ne sais pas si l’enseignement général sert à grande chose, il faut vraiment que nous évoluons vers les formations professionnelles, techniques mais pas seulement savoir lire et écrire ça ne sert en rien. Qu’on le veuille ou non l’Etat ne peut plus recruter pourtant c’est à cela que servait l’enseignement général au temps de la colonisation. Les colons voulaient des commis qui sachent juste lire et écrire. Maintenant les réalités sont toutes autres, il s’agit de réunir des compétences pour construire le pays et a sa construction personnelle. Quand je regarde sur Facebook je vois qu’il y a trop de haine, d’injures d’insultes, etc. tout cela par ce qu’on ne s’en sort pas. Les filières professionnelles et les formations techniques cela va beaucoup aider les jeunes à voir plus clair comme on n’aime le dire et être plus tolérant.

Un mot pour conclure notre entretien

Je voudrais féliciter Ecodufaso.com. C’est un très bon exemple je pense que c’est de ça qu’on parlait. Arriver à créer des compétences techniques. Par exemple vous vous êtes sur le web, et particulièrement sur le secteur économie, c’est des choses comme cela dont on a besoin. Que chacun essaie d’être pointu dans tel aspect. Il y a 12 000 secteurs, au lieu d’être dans le « je sais lire et écrire ». Aujourd’hui on veut travailler pouvoir s’en sortir et apporter quelque chose à notre pays. Je voudrais vous encourager. C’est bien. Ça nous permet de savoir d’avantages sur le secteur économique au Burkina Faso. Que votre média serve d’exemple aux jeunes.

Balguissa Sawadogo
Ecodufaso.com/ Groupe Ecodafrik

Annonce publicitaire
Lecture en continue
Commentez

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


 

slide

NEWSLETTER

Recevez gratuitement notre newsletter

récents articles