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À Shanghai, Emmanuel Macron appelle la Chine à s’ouvrir davantage

Alors qu’il inaugurait la Foire des importations internationales mardi 5 novembre à Shanghai aux côtés de son homologue chinois, Emmanuel Macron a appelé Pékin à consolider l’ouverture de son marché aux entreprises étrangères, européennes et françaises en particulier.

Avec notre envoyée spéciale à Shanghai, Véronique Rigolet

Preuve que la Chine est un marché essentiel à conquérir aux yeux du gouvernement français, Emmanuel Macron et Xi Jinping se sont rendus après leurs discours au pavillon français de la Foire aux importations de Shanghai.

Opération séduction pour le président français, qui a convié son homologue chinois à une dégustation de produits français, avec au menu des agapes : trois vins et trois viandes de bœuf (charolaise, salers et limousine), le tout accompagné de bordeaux, de bourgogne et de languedoc.

C’est sans doute d’ailleurs l’image de la journée, celle des deux présidents côte à côte, souriants, un verre de vin à la main et dégustant du bœuf français à la foire de Shanghai. Un moment de convivialité très étudié, très mis en scène devant les caméras pour afficher cette relation bilatérale harmonieuse que l’un et l’autre appellent de leurs vœux, mais qui n’est pas encore véritablement d’actualité sur le plan commercial.

« La porte de la Chine s’ouvrira toujours plus grande »

Une opération promotion des produits français voulue par les deux chefs d’État : le président chinois pour illustrer sa volonté d’ouverture alors que l’embargo sur le bœuf a été levé l’an passé en Chine, et le président Macron pour montrer son plein soutien à la filière agroalimentaire française qui souhaite percer sur le marché chinois.

Juste avant ce moment de convivialité, Xi Jinping avait ouvert la Foire de Shanghai en promettant que « la porte de la Chine s’ouvrirait toujours plus grande » et en faisant miroiter un « marché gigantesque aux perspectives illimitées ». Il faut un partenariat gagnant-gagnant, a, de son côté, défendu le président français en expliquant que si la Chine avait besoin d’ouverture, le monde, lui, avait besoin de l’ouverture de la Chine, et que la France devrait y prendre toute sa part.

Signes positifs ?

Dans l’entourage du président français, on note des signes positifs entre le dîner d’hier soir où les deux présidents ont longuement discuté, et de manière très franche, dit-on. Et l’annonce bien sûr hier encore de la signature prochaine d’un accord sur la protection des indications géographiques. « On ne réforme pas l’économie chinoise du jour au lendemain, explique un conseiller du président. Mais nous avons franchi une étape à Shanghai sur la voie de l’ouverture ».

LA FILIÈRE VIANDE ESPÈRE PROFITER DE LA GUERRE COMMERCIALE

Avec notre envoyé spécial à Shanghai, Stéphane Lagarde

S’il y a un secteur dans lequel la France espère tirer profit de cette ouverture, c’est celui de la viande.Six kilos de bœuf français sur le gril du pavillon France, la quantité est symbolique, mais la filière espère que cette dégustation, filmée par la Télévision centrale de Chine, permettra d’augmenter les ventes de viande bovine française.

Car 269 tonnes par an, ce n’est pas assez, estime Bruno Dufayet. Pour le président de la Fédération nationale bovine, la guerre commerciale avec les États-Unis pourrait profiter aux éleveurs français : « Aujourd’hui, on a visité des magasins chinois. On a vu qu’effectivement, il y avait des viandes américaines. Mais on peut imaginer qu’avec cette guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, il y aura un peu moins d’importations venant des États-Unis, donc des parts de marché supplémentaires qui vont s’ouvrir dans lesquels les viandes françaises peuvent trouver leur place », explique-t-il.

Sur les plus de 70 exposants français inscrits à la Foire des importations de Shanghai, 41% sont des entreprises du secteur agroalimentaire. Les producteurs de viande made in France entendent diversifier leurs exportations, poulets, canards, même si le porc dont les ventes ont explosé avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de peste porcine.

Et pour protéger ces revenus, le secteur espère signer un accord de zonage avec les Chinois. « C’est important par rapport à la peste porcine de faire en sorte qu’on ne soit pas embêté par le fait qu’il y ait certains pays européens où il y a de la peste porcine de présente. Si on ne pouvait plus exporter sur la Chine, le prix du porc s’effondrerait. C’est clair et net. Aujourd’hui, il est beaucoup tiré par la consommation chinoise. C’est évident », confirme Jean-Baptiste Moreau, éleveur dans la Creuse, député de La République en marche.

La France exporte aujourd’hui 150 000 tonnes de cochons par an en Chine, l’équivalent d’un jour de consommation dans ce pays continent.

rfi

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