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7e Assemblée générale des projets et programmes : «Nous visons plus d’efficacité et d’efficience dans leur gestion»

«La rationalisation pour plus d’efficacité dans la gestion des projets et programmes », c’est sous ce thème que se tiendra la 7e Assemblée générale des projets et programmes de développement, les 27 et 28 juin prochain à Ouagadougou. C’est en prélude à cet événement que le directeur général de l’Economie et de la Planification, Fidèle Bama, s’est exprimé sur les enjeux de cette AG qui fera le bilan de l’exécution des projets et programmes et dégagera des perspectives pour de meilleures performances.

Quels sont les grands enjeux de ces septièmes assises de l’Assemblée générale des projets et programmes ?

Disons que l’Assemblée générale des projets et programmes est l’instance suprême des projets et programmes de développement pour faire le bilan de la performance de leur exécution. Elle constitue une tribune de décisions importantes qui permet d’apprécier les performances des projets et programmes de développement, de relever les difficultés rencontrées par ceux-ci, d’échanger sur les bonnes pratiques et de formuler des recommandations et résolutions pour leur mise en œuvre efficace. Pour ces septièmes assises, les enjeux majeurs sont de mieux organiser les projets et programmes pour plus d’efficacité et d’efficience dans leur gestion. Cela veut dire l’approfondissement de la réflexion sur la question de la « rationalisation » en vue de trouver un schéma efficace et opérationnel, eu égard à l’intérêt qu’elle a suscité.

« La rationalisation pour plus d’efficacité dans la gestion des projets et programmes »: qu’est-ce qui est concrètement attendu de ce thème?

Dans le contexte actuel, où le gouvernement est en train d’écrire une nouvelle histoire de notre pays en actionnant les principaux leviers pouvant contribuer au développement économique et social du Burkina Faso, on note que la gestion rationnelle des fonds publics est plus qu’une nécessité. C’est en cela qu’il faut mesurer les attentes liées au thème de ces 7 es assises, notamment faire des propositions ou des recommandations concrètes pour maîtriser les charges de fonctionnement et orienter les projets et programmes vers des investissements structurants ayant un impact réel sur les conditions de vie des populations.

D’une manière générale, comment se portent les projets et programmes au Burkina ?

De façon globale, les projets se portent moyennement bien. En effet, les évaluations des performances pour les exercices 2013 et 2014, qui doivent faire l’objet d’appréciation au cours de cette 7 e édition de l’Assemblée générale, donnent une note moyenne de l’ensemble des projets et programmes des ministères de 38,22 sur 50, traduisant une performance moyenne dans leur mise en œuvre. Mais beaucoup d’efforts restent à fournir pour une efficacité des projets et programmes sur le terrain au bénéfice des populations.

Peut-on savoir la contrepartie nationale engagée par l’Etat pour booster les projets et programmes ?

Il convient de rappeler que la contrepartie nationale constitue la contribution du pays au financement des projets et programmes de développement à financement extérieur. Elle inclut la contribution des populations bénéficiaires et celle de l’Etat ou «contrepartie de l’Etat ». Dans cette dernière catégorie, il faut distinguer la contrepartie décaissable de celle non décaissable. La première, c’est celle qui fait l’objet de budgétisation des ressources financières et est mise à la disposition des projets pour réaliser leurs activités. Elle se chiffre, au titre de l’année 2016, à plus de 42, 8 milliards de F CFA (cf. loi de finances rectificative). Quant à la contrepartie non décaissable, qui constitue aussi des efforts consentis par l’Etat pour booster les projets et programmes, elle est généralement composée d’exonérations de droit de douane et de taxes, des infrastructures mises à la disposition des projets pour leur fonctionnement, etc.

Quelles sont les difficultés majeures des projets et programmes au Burkina Faso?

Il faut distinguer les difficultés qui peuvent être liées à la conjoncture économique, politique et sociale des difficultés spécifiques liées aux acteurs et aux procédures. En effet, pour ce qui est des difficultés conjoncturelles, on peut relever au titre de ces évaluations la crise sociopolitique, la psychose de la maladie à virus Ebola et l’insécurité dans la sous-région. Pour les autres obstacles, on peut retenir essentiellement la faible maîtrise des procédures (nationales et des bailleurs) par certains projets et programmes, ce qui entraînent des difficultés de justification de l’utilisation des fonds. Cela a pour corollaires des retards de déblocage et des appels de fonds. De plus, il y a la défaillance technique et financière des entreprises qui influence négativement les niveaux d’exécution physique et financière. Nous avons par ailleurs la faiblesse du niveau de suivi évaluation des projets et programmes par les ministères. Une autre entrave non moins importante est la lourdeur des procédures nationales de passation de marchés et leur dualité avec celles des partenaires. Bref, les difficultés ne manquent pas. Il est souvent question de difficultés de déblocage de la contrepartie nationale, dues à l’absence d’un arrêté de création du projet.

Comment comprendre qu’un projet fonctionne sans base juridique ?

Il faut rappeler qu’aux termes de l’article 4 du décret du 22 novembre 2007 portant réglementation générale des projets ou programmes de développement exécutés au Burkina Faso, tout projet ou programme de développement est créé par arrêté conjoint du ministre en charge de la tutelle technique et du ministre en charge de la tutelle financière, qui précise la catégorie du projet, la composition de ses organes d’administration et de direction. Cet arrêté constitue la base juridique d’existence des projets et programmes de développement. A ce titre tout projet ou programme doit disposer de cet arrêté. Evidemment, la contrepartie ne peut être débloquée pour un projet qui ne dispose pas d’acte de création. Un projet qui fonctionne sans cet acte est sûrement financé par des ressources extérieures où peut-être le bailleur n’intègre pas l’arrêté comme pièce dans sa nomenclature. C’est en cela que le projet peut fonctionner sans arrêté, mais je saisis cette occasion pour lancer un appel à l’ensemble des projets et programmes à se conformer aux dispositions réglementaires pour éviter des désagréments. Parlons à présent des difficultés de mise en œuvre des recommandations qui ressortent des Assemblées générales. Ces difficultés sont essentiellement liées à l’absence de ressources pour leur mise en œuvre et à l’indisponibilité de certains acteurs. Si ces moyens ne sont pas disponibles, les recommandations formulées seront difficilement mises en œuvre.

Pouvez-vous nous expliquer le processus d’évaluation des projets?

Ces évaluations des performances sont faites au niveau de chaque ministère par un comité mis en place à cet effet. De façon spécifique, l’arrêté du 17 octobre 2014 fixe les critères d’évaluation de performance, de notation et de classification des projets et programmes. Les différents critères ont été définis selon les différentes étapes de la mise en œuvre des projets et programmes. Ils sont de deux types : l’efficacité, qui compare le degré d’atteinte des résultats avec les objectifs initialement fixés, et la bonne gouvernance, qui apprécie la qualité du pilotage du projet ainsi que le respect des règles de gestion. Les projets et programmes sont catégorisés selon leur performance sur la base des notes pondérées obtenues, dont le maximum est de 50 points. Les projets et programmes, en fonction de leur degré de maturité, sont classés au vert si la note est supérieure à 40, à l’orange si la elle est comprise entre 25 et 40 et au rouge si elle est inférieure à 25.

Combien de projets sont au vert au Burkina?

La situation des performances montre que sur les 189projets et programmes évalués au titre des exercices 2013 et 2014, 83 soit 43,92 %, sont classés au «vert ». Ces projets présentent des performances satisfaisantes. Autrement dit, ils présentent un faible risque de non-atteinte des résultats. Et pour finir ? Je tiens à remercier l’ensemble des acteurs qui ont contribué à l’organisation de la présente Assemblée générale des projets et programmes pour leur engagement tout au long de sa préparation. Je salue aussi l’ensemble des parties prenantes à la gestion des projets et programmes de développement et les invite à constamment rechercher la performance dans la gestion des projets afin d’améliorer les conditions de vie des populations ■

Propos recueillis par Aboubacar Dermé &Akodia Ezékiel Ada
Source: L’Observateur Paalga, n° 9144 du 23 juin 2016
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